Les grands diamants historiques

  Les premiers gisements de diamant furent exploités en Inde dès le VIIIe siècle dans la région de Golconde.

Le mot diamant vient du grec ADAMAS, qui exprime l’idée d’indestructibilité.

 

  Plus de 3000 diamants de plus de 100 ct, dont une cinquantaine de plus de 400 ct, ont été trouvé depuis 1870. Cette inflation du nombre de gros diamants est la conséquence du développement de la production annuelle mondiale qui est passée de 50 000 ct (soit 10 kg) au début du 18ème siècle à plus de 100 millions de ct (soit 20 tonnes) en 1994. C’est pourquoi les grands diamants historiques ne sont pas toujours les plus spectaculaires mais sont exceptionnels par leur poids et leur qualité. La plupart des diamants historiques ont connu une histoire complexe, le plus souvent tragique et pleine de zones d’ombres difficiles à mettre en lumière par les historiens. Ces diamants sont les témoins privilégiés des relations entre les souverains : présents offerts en temps de paix, en signe de respect, de remerciement et de respect ou butin dérobé en temps de guerre.

 

Les diamants de la couronne anglaise

 

  • Le CULLINAN

Il tient son nom de Thomas Cullinan, président de la société d’exploitation de la mine Premier en Afrique du Sud. Découvert en 1905, c’est le plus gros diamant jamais trouvé. Le brut pesait 3 106 ct. Il fut acheté par l’Etat et offert au roi Edouard VII d’Angleterre pour son anniversaire. Il fut ensuite envoyé à Amsterdam chez Joseph Asscher pour être taillé. Il tailla 105 pierres, dont 9 principales :

. Le CULLINAN I : 530,20 ct taillé en poire. Il orne le sceptre riyal d’Angleterre à la Tour de Londres

. Le CULLINAN II : 317,40 ct taillé en coussin. Il orne la couronne d’Angleterre exposée à la Tour de Londre

. Le CULLINAN III : 94,4 ct. Il est exposé à la Tour de Londres

. Le CULLINAN IV : 63,6 ct. Il est exposé à la Tour de Londres. Il ornait la couronne de la reine Mary d’Angleterre et peut aussi être porté en broche.

 

 

 

  • Le KOH-I-NOOR

Il provient des mines de Golconde vers la fin du 13ème siècle. Il aurait voyagé entre l’Inde et la Perse, propriété successive de shahs et de sultans moghols. Ce diamant est baptisé « Koh-i-noor » qui signifie Montagne de Lumière par son nouveau propriétaire, le persan Nâdir Shâh en 1739. La pierre changea ensuite de propriétaire de nombreuses fois avant d’appartenir au maharadjah du Punjab et roi du Lahore Ranjit Singh. Les britanniques annexent le Punjab et confisquent le diamant. Il sera remis officiellement à la reine Victoria en 1850 par le président de la Compagnie des Indes. Pesant à l’origine 186 ct, la pierre fut retaillée pour être placée sur la couronne de la reine Mary, puis sur celle d’Elizabeth. Elle pèse aujourd’hui 105,6 ct et est exposée à la Tour de Londres.

 

 

 

Les diamants de la couronnes française

 

  • Le HOPE

Brut de 125,5 ct et rapporté des Indes par Jean-Baptiste Tavernier, il est réduit après sa taille à 67 ct pour être vendu à Louis XIV. Il fut volé en 1793 au garde-meuble national pour réapparaître sur le marché en 1812. Il est porté par le roi George VI d’Angleterre lors de son couronnement en 1821. Il fut retaillé (44,52 ct) et vendu à sir H. Ph. Hope, un banquier, d’où son nom. Il passa entre les mains de propriétaires successifs avant d’être acheté par Harry Winston qui en fit cadeau à la Smithsonian Institution de Washington en 1958.

 

 

 

  • LA GRANDE BRIOLETTE

C’est l’un des diamants les plus anciens. Acquis vers 1145 en Asie Mineure au cours de la seconde croisade, Aliénor d’Aquitaine aurait été la 1ère propriétaire de ce diamant de 90,38 ct taillé en briolette. Son fils Richard Cœur de Lion, qui en avait hérité, l’auraitremis à Henri IV d’Autriche en guise de rançon. On retrouve ce diamant au XVIe siècle, quand Henri II l’aurait offert à sa favorite Diane de Poitiers. Il disparait pendant 4 siècles avant d’être retaillé au début du XXe siècle et vendu par Cartier, puis Harry Winston à un maharadjah.

 

  • LE GRAND SANCY

Taillé en poire de 55,23 ct au XVIe siècle, ce diamant fut découvert aux Indes. Acquis en 1570 à Constantinople par Nicolas Harlay de Sancy, il passa entre les mains de Henri III qui le vendit à Jacques Ier d’Angleterre en 1604. Mazarin l’acheta en 1661 pour la couronne de France. En 1722, il ornait la couronne de Louis XV, puis plus tars, un bijoux de Marie-Antoinette. Volé pendant la Révolution, il réapparut en 1828 chez une famille russe. Il est exposé depuis 1979 dans la Galerie d’Apollon au musée du Louvre.

 

 

 

  • LE REGENT

Taillé en coussin de 140,5 ct, il provient probablement des mines de Golconde. Philippe d’Orléans, frère de Louis XIV et alors régent de France, l’achète en 1717. Volé en 1792 comme d’autres diamants de la Couronne, il réapparait au début du XIXe siècle. Il sera porté par Napoléon Ier, Louis XVIII, Charles X et l’impératrice Eugénie. Il est exposé à la Galerie Apollon.

 

 

Autres diamants historiques

 

  • LE DARYA-I-NUR

Diamant rose de 300 ct provenant de Golconde, il porte de nom de Darya-i-nur (Océan de lumière), mais Jean-Baptiste Tavernier le surnomma « La grande table ». Propriété des empereurs moghols jusqu’en 1739, il part ensuite pour la Perse où il est divisé en 2. L’un est taillé en table rectangulaire de 176 ct (le Darya) et l’autre en ovale de 60 ct (Le Nur-ul-Ain). Tous 2 sont la propriété de la couronne d’Iran.

 

 

 

 

 

  • LE SHAH

Ce diamant de 88,70 ct provient des Indes. Partiellement poli, il porte 3 inscriptions gravées indiquant ses propriétaire successifs, dont le shah de Perse qui lui donna son nom. Il fut ensuite offert au tsar Nicolas Ier à la suite de l’assassinat d’un ambassadeur à Téhéran. Il est actuellement conservé au Kremlin à Moscou.

 

 

 

  • LE DIAMANT VERT DE DRESDE

Rapporté d’Inde par un marchand anglais, ce diamant vert exceptionnel de 41 ct est taillé en pendeloque à 58 facettes. Le 1er propriétaire fut Frédéric Auguste II, roi de Pologne qui l’acheta à un marchand hollandais en 1742. Il fut d’abord serti sur la décoration de la Toison d’or du prince avec un autre diamant, , un coussin de 49,71 ct. Il est conservé aujourd’hui dans la voûte verte du Musée de l’Albertinum à Dresde, d’où son nom.

 

 

Les plus gros diamants du monde récemment découverts

 

  • L'INCOMPARABLE

Trouvé en 1980 dans la République démocratique du Congo, ce diamant brut de 890 ct a été taillé en une pierre de 407,48 ct et nommé l’. A ce jour, c’est le 3ème plus gros diamant taillé connu. Il est la propriété du à New-York.

 

 

 

 

  • LE CENTENARY DE BEERS

Trouvé en Afrique du Sud, il est taillé en fantaisie de 273,85 ct à partir d’un brut de 520 ct vers 1988. D’un blanc exceptionnel, il appartient au Sultan de Bruneï.

 

 

 

  • LE GOLDEN JUBILEE

Provenant d’Afrique du Sud et de couleur jaune doré, ce diamant pèse 545,65 ct. Depuis 1995, c’est le plus gros diamant taillé du monde. Il orne le sceptre du roi de Thaïlande.

 

 

 

  • LE TIFFANY

Diamant jaune doré de 128,51 ct, il est taillé en coussin à Paris à partir d’un brut de 287,42 ct extrait de la mine de Kimberley en Afrique du Sud en 1878. Il est ensuite acquis par Tiffany à New-York.

 

 

 

 

 

 

  • LE NASSAK

Connu sous le nom , ce diamant taillé à New-York en 1927 de 43,38 ct pesait plus de 90 ct en brut. Il se trouvait à l’origine dans un temple consacré à la déesse Shiva à Nassak en Inde, d’où son nom. Il était serti sr le front d’une statue de Shiva. Il fut saisi par les anglais en 1818. Il appartient actuellement à la collection de R. Mouawad.

  • LE HEART OF ETERNITY

Ce diamant bleu taillé en cœur de 27,64 ct provient de la mine Premier en Afrique de Sud. Il appartient à la De Beers.

 

 

 

 

SOURCES

Au cœur de la Terre, au cœur des Etoiles, au cœur du Pouvoir – Hubert Bari, Violaine Sautter et Adam Biro

Larousse des pierres précieuses – Pierre Bariand et Jean-Paul Poirot

L’ABCdaire des Pierres précieuses – Patrick Voillot